Femmes et politique : conjurer le sort à Neuchâtel

L’accès des femmes au pouvoir politique a toujours et en tous lieux été difficile. Avec 29% de femmes représentées dans son parlement, la Suisse se classe à la 25ème place du classement mondial, soit en dessous du seuil critique des 30% considéré comme nécessaires pour que les femmes y soient réellement représentées. C’est bien au sein du pouvoir politique lui-même que les inégalités demeurent criantes. Si les femmes poursuivent leur progression dans d’autres domaines comme celui du marché du travail, il y a lieu de s’interroger sur ce décalage. Le retard spécifique au politique laisse songueur. Certes, les causes sont connues : la lenteur des mentalités, l’ancrage des traditions, la résistance du cadre politique formaté par une histoire et une pratique créées uniquement par et pour des hommes (cf. les systèmes électoraux, le cumul des mandats, etc.), une époque marquée par de multiples vapeurs de repli, mais aussi le peu d’élan des femmes elles-mêmes à participer à la vie publique par trop absorbées par des obligations professionnelles, familiales et domestiques qui laissent peu de marge à l’investissement politique.

Depuis les années 1990, la représentation des femmes en politique stagne de sorte à constater qu’il n’y a pas de progression linéaire en matière d’égalité. Aujourd’hui, on observe même que les retours en arrière sont possibles, comme cela a déjà été le cas, par exemple à Genève. En l’espace de deux mois, voici deux élections cantonales dans lesquelles les femmes se mobilisent non pour conquérir des sièges mais pour préserver un siège à l’exécutif cantonal. Rappelons qu’elles ne sont que 22.4% de femmes dans les Conseils d’Etat. L’exercice a été réussi pour le Valais. Reste à espérer que Neuchâtel ne se retrouve pas le 14 avril prochain avec un Conseil d’Etat uniquement masculin. Un possible retour en arrière de 16 ans et une perspective inconcevable pour un canton qui, souvent, a été à l’avant-garde en Suisse. Par ailleurs, on imagine mal comment un canton aujourd’hui en crise et en mal de crédibilité se ressaisirait avec un gouvernement caricatural où la moitié de sa population ne serait plus représentée. L’enjeu dépasse les clivages partisans. Avec une personnalité très engagée pour la création de places de crèches et de structures parascolaires, attentive à ne pas opposer les modes de familles et pionnière pour organiser dans son canton le dépôt des armes à l’arsenal, la candidature solide de Monika Maire-Hefti est là pour conjurer ce sort.

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